LUTTE CONTRE LA PROPAGATION DE LA COVID 19 A L’EPREUVE DES TRANSPORTS ADAIDAITA DANS LA VILLE DE TAHOUA

La ville de Tahoua, appelée aussi capitale de l’Ader, est l’un des centres urbains à forte concentration de population au Niger. Situé entre Konni et Agadez, Tahoua constitue un carrefour d’échanges commerciaux et d’autres intérêts pour les voyageurs. Ceci entraine une densité de la circulation même pendant certaines heures où une certaine ambiance existe. Le moyen emprunté par les usagers est les tricycles ou « adaidaita ».

Ces véhicules sont des engins dotés de trois (03) roues symétriques, une avant et deux à l’arrière. Doté d’un guidon à l’instar des motos à deux roues et dont l’arrière transformé supporte une grosse malle qui est généralement aménagée en large siège matelassé adossé au pilote, avec poignées latérales.  Aussi stable qu’une automobile il est généralement surmonté d’un hangar couvert de tissu imperméable à la pluie et protecteur du soleil sahélien.

A l’arrière le nombre de siège réglementaire est de trois (03) mais pour une question de rentabilité financière les conducteurs utilisent une astuce d’élargissement des places pouvant aller jusqu’à cinq (05).

Entre autres mesures recommandées dans le cadre de la lutte contre la covid 19, on peut citer le port de bavette et la distanciation sociale.  Ces mesures sont incontestablement mises à rude épreuve dans la ville de Tahoua. La plupart des tricycles ne respectent point ces mesures et ne portent aucun dispositif y afférent. Suite à un entretien avec Ali Minna, celui-ci nous avoue la difficulté qu’ils rencontrent avec les clients lorsqu’ils exigent le port de la bavette. «  Ceux-ci n’en ont pas et nous n’en disposons pas pour les mettre à leur disposition. Lorsqu’il y a eu les mesures qui fixent les prix de la bavette à cent (100) francs dans les pharmacies, j’ai effectivement pensé à acheter et les mettre à la disposition des clients contre le prix d’achat uniquement. Mais je n’ai eu aucun client qui a accepté » raconte Ali Minna

Aussi, après avoir échangé avec beaucoup de conducteurs de adaidaita, ils expliquent que c’est la clientèle qui ne collaborent pas dans ce sens tandis qu’eux leur objectif est de réaliser autant de recettes journalières que possible. Ainsi, donc ils ne peuvent penser à supprimer un siège passager pour faire respecter la distanciation physique. Ils y croient à l’existence de la maladie et ne souhaitent pas favoriser la propagation tiennent t-ils tous, à nous préciser sans pour autant affirmer comment désormais ils comptent apporter leur contribution dans la lutte contre la COVID 19 dans la ville de Tahoua qui, durant les mois de décembre à Janvier, a connu fréquemment des cas selon les résultats des examens virologiques effectués (communiqués du ministère de la santé)

Aussi, les agents chargés de réguler la circulation qui effectivement voient chaque jour ces risques, peuvent faire passer le message.

Ça ne sert à rien d’engranger des recettes si on ne sera pas en bonne santé pour les dépenser !

Par Saadou Idi Moustapha

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