Questions-reponses relatives à la Covid19

Le virus

La COVID-19 est causée par le virus SARS-CoV-2, qui se propage dans la population, essentiellement par le biais d’un contact étroit avec une personne infectée.

Le virus peut se propager lorsque de petites particules liquides sont expulsées par la bouche ou par le nez quand une personne infectée tousse, éternue, parle, chante ou respire profondément. Ces particules liquides sont de différentes tailles, allant de grosses « gouttelettes respiratoires » à des « aérosols » plus petits.

On peut aussi contracter la COVID-19 lorsque le virus entre dans la bouche, le nez ou les yeux, une situation plus probable lorsque les personnes sont en contact direct ou étroit (moins d’un mètre de distance) avec une personne infectée.

Selon les données actuellement disponibles, le virus se propage principalement par des gouttelettes respiratoires entre personnes qui sont en contact étroit les unes avec les autres.

La transmission par aérosols peut se produire dans des contextes spécifiques, en particulier dans des espaces intérieurs, bondés et insuffisamment ventilés où une ou plusieurs personnes infectées passent de longs moments avec d’autres personnes, comme les restaurants, les salles de chorale, les cours de fitness, les boîtes de nuit, les bureaux ou les lieux de culte. Des études sont en cours pour mieux comprendre les conditions dans lesquelles la transmission par aérosols se produit en dehors des établissements de santé où des actes médicaux spécifiques (actes générant des aérosols) sont effectués.

Par ailleurs, les personnes porteuses du virus peuvent laisser des gouttelettes infectieuses lorsqu’elles éternuent, toussent ou touchent des objets ou des surfaces, comme les tables, les poignées de porte et les rampes. On peut alors être infecté par le virus si l’on touche ces surfaces contaminées puis que l’on se touche les yeux, le nez ou la bouche avant de s’être lavé les mains. 

Pour en savoir plus sur la manière dont le SARS-CoV-2 infecte l’organisme et dont notre système immunitaire réagit, regardez ou lisez cet entretien avec la Dre Maria Van Kerkhove, responsable technique pour la lutte contre la COVID-19 à l’OMS.

Qu’elles présentent ou non des symptômes, les personnes infectées peuvent être contagieuses et transmettre le virus à d’autres personnes.

D’après les données de laboratoire, c’est surtout juste avant qu’elles développent des symptômes (à savoir deux jours avant l’apparition de symptômes) et au tout début de la maladie que les personnes infectées sont les plus contagieuses. Les personnes qui développent une forme grave de la maladie peuvent être contagieuses plus longtemps.
Même si quelqu’un qui ne développe jamais de symptômes peut transmettre le virus à autrui, on ne sait pas encore très bien dans quelle mesure cela se produit. Des recherches plus approfondies sont nécessaires dans ce domaine.

Pour limiter les risques de contracter la COVID-19, respectez ces précautions élémentaires :

  • Suivez les recommandations locales. Renseignez-vous sur les conseils des autorités nationales, régionales et locales afin d’obtenir les informations les plus pertinentes pour le lieu où vous vous trouvez.
  • Tenez-vous à une distance au moins d’un mètre des autres, même s’ils ne semblent pas malades.
  • Portez un masque, en particulier lorsqu’il est impossible de respecter une distanciation physique.
    • Pour plus de conseils sur les masques, lisez nos questions-réponses sur le sujet et regardez les vidéos que nous proposons sur le port et la fabrication d’un masque.
  • Gérez les risques en réfléchissant au lieu et au contexte de l’événement, à la proximité physique avec les autres participants et au temps où vous serez présent. En d’autres termes, réfléchissez à l’endroit où vous allez, à la proximité que vous aurez des autres personnes et à la durée de votre présence. Évitez les lieux et les événements bondés, les espaces intérieurs mal ventilés et les contacts prolongés avec d’autres personnes.
  • Ouvrez les fenêtres lorsque vous êtes à l’intérieur afin d’augmenter le volume de la ventilation naturelle.
  • Évitez de toucher les surfaces, en particulier dans les lieux publics, car une personne atteinte de COVID-19 pourrait les avoir touchées auparavant. Nettoyez régulièrement les surfaces avec des désinfectants courants.
  • Lavez-vous les mains régulièrement à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique. Si vous le pouvez, ayez sur vous une solution hydroalcoolique et utilisez-la souvent.
  • Toussez et éternuez dans votre coude ou dans un mouchoir. Jetez immédiatement le mouchoir usagé dans une poubelle munie d’un couvercle et lavez-vous les mains ou utilisez une solution hydroalcoolique.

Les masques

Le port du masque fait partie des mesures essentielles qui visent à enrayer la transmission et à sauver des vies.

L’utilisation du masque doit s’inscrire dans une stratégie globale qui consiste à respecter la distanciation physique, à éviter les lieux très fréquentés, confinés et où les contacts sont étroits, à améliorer la ventilation, à se laver les mains, à se couvrir la bouche et le nez lorsque l’on éternue et que l’on tousse, etc.
Selon le type, les masques peuvent être utilisés pour protéger des personnes en bonne santé ou pour éviter que la transmission se poursuive.

Les masques médicaux (appelés aussi masques chirurgicaux) :

  • sont composés de trois couches de matières synthétiques non tissées
  • sont garnis de couches de filtration intercalées au milieu
  • existent en différentes épaisseurs,
  • ont plusieurs niveaux de résistance aux liquides et de filtration.

Les masques de protection respiratoire (filtrants) sont disponibles en différents niveaux de performance, comme les FFP2, FFP3, N95 ou N99

Les masques médicaux et les masques de protection respiratoire offrent une protection similaire. Cependant, les masques de protection respiratoire doivent être utilisés spécifiquement pour certaines procédures et dans certaines circonstances car ils sont conçus de manière à pouvoir être étroitement ajustés. Les masques de protection respiratoire sont spécialement conçus pour les soignants qui prennent en charge des malades de la COVID-19 dans les établissements et les endroits où ils effectuent des actes médicaux générant des aérosols.

 

Les soignants devraient d’abord passer un test d’utilisation pour vérifier que le masque de protection respiratoire est de la bonne taille. Le port d’un masque de protection respiratoire mal ajusté n’offrira pas la même protection à celui qui le porte et peut laisser de petites particules pénétrer à l’intérieur du masque par les côtés.

 

  • Avant de toucher le masque, lavez-vous les mains avec une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon. 
  • Vérifier que le masque n’est ni déchiré ni troué ; n’utilisez pas un masque qui a déjà été porté ou qui est endommagé.
  • Vérifiez de quel côté se trouve le haut – c’est généralement là où se trouve la bande métallique.
  • Assurez-vous ensuite que la face interne du masque (généralement blanche) est bien placée vers l’intérieur.
  • Placez le masque sur le visage de façon à couvrir le nez, la bouche et le menton, sans laisser d’espace entre le visage et le masque. Placez les lanières derrière votre tête ou vos oreilles. Ne croisez pas les lanières car cela peut créer une ouverture de chaque côté de votre visage.
  • Pincer la bande métallique du masque afin qu’elle épouse la forme du nez.
  • Ne touchez pas le masque pendant que vous le portez pour éviter toute contamination. Si vous le touchez accidentellement, lavez-vous les mains. 

Comment enlever un masque médical :

  • Avant de toucher le masque, lavez-vous les mains avec une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon.
  • Enlevez les lanières de derrière la tête ou les oreilles sans toucher l’avant du masque.
  • Penchez-vous en avant et éloignez le masque du visage.  
  • Les masques médicaux sont à usage unique. Jetez le masque immédiatement, de préférence dans une poubelle fermée.
  • Lavez-vous les mains après avoir touché le masque.

Vérifiez l’état du masque. Changez-en s’il est sale ou humide.

Les masques médicaux sont recommandés pour :

  • Les soignants dans les établissements cliniques. Voir nos orientations pour plus d’informations sur l’utilisation des équipements de protection individuelle par les agents de santé.
  • Toute personne qui ne se sent pas bien, y compris celles qui présentent des symptômes bénins, tels que des douleurs musculaires, une légère toux, un mal de gorge ou de la fatigue.
  • Toute personne qui attend les résultats du test de dépistage de la COVID-19 ou qui a été testée positive.
  • Les personnes qui s’occupent d’un cas présumé ou confirmé de COVID-19 en dehors d’un établissement de santé.

Le port du masque médical est aussi recommandé aux catégories de personnes indiquées ci-après, car elles risquent davantage de développer une forme grave de la maladie et d’en mourir :

  • les personnes de 60 ans et plus.
  • les personnes souffrant de pathologies chroniques, quel que soit leur âge : affections respiratoires chroniques, maladies cardiovasculaires, cancers, obésité, sujets immunodéprimés et diabétiques.

Les masques non médicaux en tissu peuvent être utilisés par des personnes du grand public de moins de 60 ans et qui ne souffrent pas de pathologies chroniques.

Jeunesse et Covid19

Oui. La COVID-19 touche toutes les tranches d’âge.

Nous avons encore beaucoup à apprendre sur les effets de la COVID-19 ; toutefois, jusqu’à présent, les données semblent indiquer que, chez les enfants de moins de 18 ans, la mortalité est moins élevée que dans les autres groupes d’âge et la maladie est généralement bénigne. Il n’en reste pas moins que des cas de formes graves de la maladie ont été signalés. Comme chez les adultes, les pathologies préexistantes, telles que l’hypertension, les maladies cardiaques ou pulmonaires, l’asthme, le diabète, l’obésité, le cancer et les troubles neurologiques ou du développement, constituent chez les enfants des facteurs de risque pouvant entraîner des manifestations graves de la maladie et une hospitalisation en soins intensifs.

Autres ressources :

Consulter les questions-réponses COVID-19 : ce qu’il faut savoir pour savoir qui risque de développer une forme grave de la maladie.

Oui. Les personnes infectées de toutes les tranches d’âge – y compris les adolescents – peuvent transmettre le virus, même si elles présentent des symptômes bénins ou ne se sentent pas malades.

Le virus se propage d’une personne à l’autre par des particules liquides, comme les aérosols (de plus petite taille) ou les gouttelettes (de plus grande taille), projetées du nez ou de la bouche lorsqu’une personne atteinte de COVID-19 tousse, éternue ou parle. Des personnes peuvent contracter la COVID-19 si elles inhalent ces gouttelettes provenant d’un adolescent infecté par le virus. C’est pourquoi il est important de rester à une distance d’au moins 1 mètre des autres personnes. Ces gouttelettes peuvent se poser sur les objets et les surfaces. On peut alors s’infecter en touchant une surface ou un objet contaminé, puis en se touchant les yeux, le nez ou la bouche. 

Autres ressources :

Consulter la page Questions-réponses : Comment se transmet la COVID-19 ? pour en savoir plus sur la propagation de la COVID-19.

Obtenez immédiatement des soins médicaux si un membre de votre famille tombe gravement malade, par exemple s’il a de la difficulté à respirer ou s’il ressent des douleurs ou une sensation d’oppression dans la poitrine. Si possible, appelez votre prestataire de soins de santé ou le numéro d’urgence COVID-19, ou demandez à un adulte de le faire, pour obtenir des instructions et savoir où et comment obtenir des soins. S’il est confirmé que le membre de votre famille en question est atteint de COVID-19, sachez que vous et les autres contacts connus devrez vous isoler pendant 14 jours et surveiller vos symptômes, même si vous vous sentez bien.

 

Pour en savoir plus, consulter notre page de conseils au grand public.

 

Autres ressources :

 

Expliquez à vos amis pourquoi il est important de se protéger et de protéger les autres en se lavant les mains, en évitant de se toucher le visage, en toussant ou en éternuant toujours dans le coude, la manche ou un mouchoir et en observant, le cas échéant, les mesures de distanciation physique et les restrictions de déplacement. Ce serait peut-être une bonne idée de proposer à vos amis des idées d’activités virtuelles amusantes et de les encourager à y participer, avec vous ou avec d’autres amis. Par exemple, vous pouvez les encourager à rejoindre la campagne YouthAgainstCOVID19, dont le but est d’aider les jeunes du monde entier à mieux comprendre la COVID-19 et à savoir quoi faire pour protéger leurs amis, leur famille et leur communauté. De cette façon, vous leur donnez des options, plutôt que de simplement leur dire de rester chez eux.

Mais gardez à l’esprit que vous n’êtes pas maître des actions des autres, donc ne vous lancez pas dans une discussion ou une dispute pour essayer de leur faire changer d’opinion.

Vous ne devriez pas porter de masque lorsque vous faites du sport ou pratiquez une activité physique, comme courir, sauter ou jouer sur un terrain de jeu, afin que cela ne gêne pas votre respiration. Toutefois, pensez bien à maintenir une distance d’au moins un mètre avec les autres, limitez le nombre d’amis qui jouent ensemble et respectez les règles d’hygiène des mains.

En ce qui concerne le port du masque à l’école et dans les autres lieux publics, l’OMS conseille de toujours consulter les autorités locales et de respecter les pratiques recommandées dans votre zone. Dans les pays ou les régions où la transmission communautaire du virus est intense et dans les contextes où il n’est pas possible de pratiquer l’éloignement physique, l’OMS et l’UNICEF recommandent aux décideurs d’appliquer les critères suivants concernant le port du masque dans les écoles (dans les salles de classe, les couloirs ou les espaces collectifs) lorsqu’ils élaborent les politiques nationales :

• Le port du masque ne doit pas être requis pour les enfants de 5 ans et moins.

• Pour les enfants âgés de 6 à 11 ans, la décision concernant le port du masque variera d’un endroit à l’autre et dépendra de plusieurs facteurs, entre autres de l’intensité de la transmission dans la zone où vivent les enfants, des normes locales qui influent sur les interactions sociales, de la capacité des enfants à respecter le port approprié du masque et de la disponibilité d’une supervision appropriée par des adultes.

• Les enfants et adolescents de 12 ans et plus doivent respecter les directives nationales sur le port du masque applicables aux adultes.

Regarder notre vidéo (en anglais) expliquant comment porter un masque en tissu.

Pour plus d’informations, regarder notre vidéo (en anglais) sur les recommandations de l’OMS concernant les matériaux et la composition des masques en tissu.

Autres ressources :

Il n’y a aucune preuve que la COVID-19 se transmet par le sperme ou les fluides vaginaux. Néanmoins, lors de rapports sexuels, vous êtes très proche de l’autre personne. Cela expose donc une des deux personnes au risque si l’autre est atteinte de COVID-19. La masturbation n’impliquant pas d’autre personne, elle ne suppose pas de risque de contracter la COVID-19. Selon les directives gouvernementales, des restrictions peuvent s’appliquer aux rencontres avec des personnes extérieures à votre foyer, donc il est important de respecter ces directives.

Le risque de contracter la COVID-19 n’augmente pas si vous cohabitez déjà avec votre partenaire sexuel et si vous prenez tous les deux les mesures nécessaires pour vous protéger du virus. Veillez à utiliser un préservatif et un moyen de contraception pour éviter toute infection sexuellement transmissible et toute grossesse non désirée.

Autres ressources :

Nous ne savons pas quand la pandémie se terminera, mais nous savons que cela dépend des actions de chacun de nous pour enrayer la propagation du virus. Les sacrifices que vous avez consentis en renonçant à voir vos amis, à aller à l’école et à vos autres activités sont votre contribution à la lutte contre la pandémie. En mettant les sociétés et les économies en veilleuse, nous avons réduit la capacité du virus à se propager au sein de nos communautés. Ces mesures défensives ont permis de limiter les ravages que le virus peut causer et de gagner du temps pour en apprendre davantage sur le virus et trouver des solutions afin de pouvoir reprendre un mode de vie plus familier. C’est grâce à elles que les écoles et les commerces ont pu rouvrir dans de nombreux pays. Il est important que vous continuiez à observer les mesures recommandées et à encourager vos amis à faire de même afin d’éviter que la situation s’aggrave.

Autres ressources :

Covid19 et VIH

Les personnes vivant avec le VIH qui ne suivent pas de traitement antirétroviral (TAR) et qui présentent une faible numération de CD4, en particulier celles chez qui la maladie à VIH est à un stade avancé, courent un risque plus élevé d’infections opportunistes et de complications liées au sida. Cependant, les données disponibles sur le risque éventuellement accru d’infection par le SARS-CoV-2 et/ou de complications cliniques liées à la COVID-19 chez les personnes vivant avec le VIH par rapport à la population générale évoluent et sont contradictoires.

La prévalence des facteurs de risques connus d’infection par le virus de la COVID-19 et de complications associées, tels que les cardiopathies, les maladies rénales, le diabète, les pneumopathies chroniques, l’obésité, ainsi que d’autres comorbidités et co-infections, comme la tuberculose, peut être plus élevée chez les personnes vivant avec le VIH.

Plusieurs études de cas et de cohortes de tailles restreintes de personnes vivant avec le VIH hospitalisées positives pour la COVID-19 montrent des résultats cliniques et un risque d’infection par le SARS-CoV-2 comparables à ceux de la population générale, en particulier chez les patients dont l’infection à VIH est bien contrôlée (sous TAR, avec une numération des CD4 > 200 cellules/mm3 et une charge virale supprimée). Ces données cliniques limitées semblent indiquer que le risque de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH est associé à des facteurs de risques connus pour la COVID-19 comme l’âge avancé et la présence de comorbidités, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète, les maladies respiratoires chroniques et l’obésité (1-3).

Plusieurs revues systématiques et non systématiques ont évalué les conséquences de la COVID-19 chez les personnes vivant avec le VIH ; la plupart font état de résultats comparables en termes de mortalité et de morbidité par rapport aux patients séronégatifs pour le VIH (4-8). Les méthodes utilisées n’ont pas toujours évalué les résultats en fonction des facteurs de risque connus de la COVID-19 (4). En outre, les données relatives aux patients qui présentent une infection à VIH à un stade avancé (faible numération de CD4) sont limitées. 

Une revue systématique, diffusée essentiellement sous forme de prépublication, a montré que parmi 144 795 patients atteints de COVID-19 hospitalisés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, la prévalence globale du VIH était de 1,22 % (IC à 95 % : [0,61 % ; 2,43 %]), soit un taux deux fois supérieur à la prévalence globale du VIH localement observée dans la population générale qui s’établit à 0,65 % (IC à 95 % : [0,48 % ; 0,89 %]), ce qui semble indiquer une sensibilité potentielle chez les personnes vivant avec le VIH (9). 

Des données supplémentaires sur ce sujet, issues de plusieurs études de cohorte menées en Afrique du Sud, aux États-Unis d’Amérique et au Royaume-Uni (10-12), font état d’une élévation modérée du risque de décès directement attribuable à l’infection à VIH après ajustement en fonction de l’âge, du sexe, de l’appartenance ethnique et de la présence de comorbidités ; une méta-analyse non publiée incluant ces études a montré que le risque de décès était près de deux fois supérieur à celui des patients séronégatifs pour le VIH ; cependant, un facteur de confusion lié aux comorbidités associées à un risque accru de développer une forme grave de COVID-19 n’est pas exclus (13).

Il est essentiel de protéger les personnes vivant avec le VIH pendant la pandémie de COVID-19 et de s’assurer qu’elles peuvent poursuivre leur traitement. Les chercheurs étudient actuellement la question de savoir si les personnes vivant avec le VIH infectées par le virus de la COVID-19 présentent un risque plus élevé d’issue défavorable. Les données préliminaires sur une vulnérabilité modérément accrue des personnes vivant avec le VIH viennent renforcer l’urgence de garantir à ces personnes l’accès à des antirétroviraux et à des traitements contre les comorbidités – comme le traitement de l’hypertension, des maladies cardiovasculaires, des pneumopathies chroniques, du diabète, de la tuberculose et du maintien d’un poids de forme. 

Un ensemble plus vaste de données représentatives d’une zone géographique plus étendue est nécessaire pour mieux comprendre comment la co-infection par le SARS-CoV-2 et le VIH influe sur la gravité de la maladie, sa progression et l’issue de l’hospitalisation pour COVID-19. À cette fin, l’OMS a mis en place une plateforme mondiale de données cliniques sur la COVID-19. Au 4 novembre 2020, l’OMS avait reçu des données cliniques de plus de 30 pays à travers le monde sur 79 000 patients hospitalisés avec une COVID-19 confirmée ou suspectée, dont 5291 personnes vivant avec le VIH. Cette plateforme est ouverte à tous les États Membres et à tous les établissements de santé pour qu’ils fournissent des données ; l’inclusion de ces données contribuera à éclairer les futures orientations sur la meilleure façon de protéger les personnes vivant avec le VIH pendant la pandémie de COVID-19.

Il est conseillé aux personnes vivant avec le VIH de prendre les mêmes précautions contre la COVID-19 que celles recommandées pour la population générale (14-15): se laver souvent les mains ; respecter les règles d’hygiène en cas de toux ; maintenir une distanciation physique ; porter un masque quand c’est approprié et conformément à la réglementation locale ; consulter un médecin en cas de symptômes ; s’isoler en cas d’apparition de symptômes ou de contact avec un cas positif pour la COVID-19 ; et suivre les autres prescriptions des pouvoirs publics, aux niveaux local et national. 

Il est important de veiller à ce que les personnes vivant avec le VIH aient accès aux antirétroviraux sur de plus longues périodes (approvisionnement de 3 à 6 mois) et que les programmes délivrent plusieurs mois d’antirétroviraux, ainsi que d’autres médicaments nécessaires, tels que le traitement de substitution aux opioïdes, le traitement préventif de la tuberculose et les traitements contre les comorbidités. Il faut également s’assurer que certaines vaccinations (antigrippale et antipneumococcique) sont à jour et que ces personnes ont accès à un approvisionnement suffisant en médicaments pour traiter ou prévenir les co-infections et des comorbidités.

Plusieurs études sur de petits échantillons ont évalué si les antirétroviraux pouvaient être utilisés pour prévenir l’infection par le SARS-CoV-2, et ont souvent abouti à des résultats contradictoires. 

D’après une étude récente, les personnes vivant avec le VIH qui prennent du fumarate de ténofovir disoproxil seraient moins susceptibles de contracter le SARS-CoV-2. Cependant, d’autres études indiquent que la prophylaxie avant l’exposition au VIH à base de ténofovir ne confère pas de protection contre l’infection par le nouveau coronavirus et n’a pas non plus d’incidence positive sur l’évolution de la maladie à coronavirus 2019 [21]. Dans ce cas, la prévalence de l’infection au SARS-CoV-2 était en fait plus élevée chez les personnes qui prenaient une prophylaxie avant l’exposition que chez celles qui n’en prenaient pas. 

Globalement, la littérature disponible n’apporte pas d’éléments concluants indiquant que les antirétroviraux pourraient protéger les personnes contre l’infection par le SARS-CoV-2 ou le risque de développer une forme grave de la maladie. Cependant, le degré de fiabilité des données est très faible compte tenu de la petite taille de l’échantillon et des incertitudes entourant l’intensité de l’exposition. 

Les personnes qui prennent une prophylaxie à titre préventif ou des antirétroviraux dans le but de se protéger de la COVID-19 doivent adopter les mêmes mesures de prévention contre la COVID-19 que celles recommandées à la population générale.

Toutes les personnes vivant avec le VIH qui répondent bien au traitement antirétroviral auront avantage à utiliser des modèles de thérapie antirétrovirale simplifiés prévoyant une prescription et une délivrance pour plusieurs mois (3 à 6 mois). Ces modèles réduiront la fréquence des visites en cadre clinique et permettraient d’assurer la continuité du traitement si les déplacements entravés pendant l’épidémie de coronavirus. De même, les sujets cliniquement stables ayant un traitement de substitution à la méthadone ou à la buprénorphine devraient avoir plus souvent la possibilité de suivre leur traitement à domicile, afin de réduire la pression sur le secteur de la santé. De nombreux pays ont désormais mis en place la dispensation de doses à prendre à la maison pour les patients stables qui suivent un traitement de substitution aux opioïdes conformément aux recommandations de l’OMS [25].

Comme c’est déjà l’usage, des prescriptions pour plusieurs mois peuvent être délivrées à des utilisateurs qui ont déjà été traités par prophylaxie préexposition, en fonction des orientations au niveau national qui peuvent inclure le dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST). Les personnes qui commencent la prophylaxie préexposition devraient revenir après un mois pour un dépistage du VIH et une visite clinique de suivi avant de bénéficier de prescriptions pour plusieurs mois. L’objectif est d’éviter une infection à VIH aiguë, d’évaluer les effets secondaires et de faire un point sur l’intention de poursuivre la prophylaxie préexposition. Cependant, pour cette visite de suivi un mois après le début du traitement, il est envisageable de faire preuve de flexibilité pour les clients motivés qui n’ont pas été potentiellement exposés au VIH récemment (au cours des trois dernières semaines). Ces décisions pourront être prises au cas par cas par les fournisseurs et les clients qui ont recours à la prophylaxie préexposition pour la première fois. Un suivi par télésanté et une délivrance communautaire peuvent être envisagés pour le suivi post-thérapeutique. Un autotest du VIH de qualité peut être envisagé pour le maintien du traitement.

Peu de données sont disponibles sur la présentation clinique de la COVID-19 dans certaines populations, comme les enfants, les femmes enceintes et allaitantes [26], mais les résultats d’une étude de petite taille publiée tendent à indiquer qu’il n’y a aujourd’hui aucune preuve d’infection intra-utérine par transmission verticale chez les femmes qui développent une pneumonie COVID-19 en fin de grossesse, les données ne sont pas non plus suffisantes pour conclure à une transmission verticale par l’allaitement au sein [27]. Même si aucune transmission verticale n’a été documentée, la transmission après la naissance par contact avec des sécrétions respiratoires infectieuses est un motif d’inquiétude. Les nourrissons dont la mère est un cas suspect, probable ou confirmé de COVID-19 doivent être nourris suivant les orientations standard sur l’alimentation du nourrisson [28], tout en appliquant les précautions nécessaires de lutte anti-infectieuse. Comme tous les cas confirmés ou suspects de COVID-19, les mères symptomatiques qui allaitent, pratiquent le peau-à-peau ou appliquent la méthode « mère kangourou » doivent respecter les règles d’hygiène respiratoire, y compris pendant qu’elles nourrissent leur enfant (notamment, si elles ont des symptômes respiratoires, en portant un masque médical quand elles sont à proximité de l’enfant), se laver les mains avant et après tout contact avec l’enfant, et nettoyer et désinfecter systématiquement les surfaces avec lesquelles elles ont été en contact [29].